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Justin Bailly · Modernismo

Le Drapeau rouge (Justin Bailly)

francés

Vois cet humble drapeau, porté par ta victime…

Meurtrier, sois épouvanté !

Ne baisse pas les yeux, grand artisan du crime,

.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}Devant ce linge ensanglanté :

Ce linge est sa rude chemise

Que ton égoïsme a rougi…

Au bout d’une hampe il l’a mise…

Et l’homme du peuple a rugi !

Quand l’ère du sang sera close,

Nous changerons notre drapeau,

Et l’étendard de couleur rose

Guidera le monde nouveau !

Oui, ce drapeau rougi qui vous présage un gouffre

Où doit s’abîmer votre rang,

Ne fut pas fabriqué par le peuple qui souffre…

Il l’a ramassé dans son sang !

Il le tient — car les temps sont proches —

Le bras ferme, le front songeur,

Au devant de vos cœurs de roches !

Dressé comme un spectre vengeur…

En voyant ce drapeau qui fut teint par vos œuvres,

Exploiteurs, prêtres et bourgeois,

L’effroi qui vous saisit dénonce vos manœuvres,

Ô bas restaurateurs de rois !

L’heure n’est plus aux noirs mensonges :

Le simple les voit au soleil !

Vos projets ne sont que des songes…

N’entendez-vous pas le réveil ?

L’impudeur en tout temps fut commère du vice ;

Aussi, ne nous étonnons pas

De les voir aujourd’hui, sans aucun artifice,

Mentir et descendre si bas !

Ceux dont le sang rougit la terre

Sont appelés ROUGES par eux…

Ceux qui souffrent d’un bas salaire

Sont appelés des PARTAGEUX…

Peuple, qu’es-tu ? le Droit ; peuple, qu’es-tu ? le Nombre

Et cependant on t’a dompté…

Le marchand qui te tond, qui trafique dans l’ombre,

A pâli quand il t’a compté…

Ô peuple, à la France meurtrie,

La République vient s’offrir,

Conserve-la pour ta patrie,

Que les rois n’ont su que meurtrir !

Le drapeau de Sedan est recouvert de honte ;

Et c’est celui de Mentana !

Un mort de Montretout entre ses dents raconte

Qu’un crâne d’Aubin le tacha…

Oh ! que de sang mêlé de fange ! ! !

Pour marcher vers des temps meilleurs,

Il faudra bien que l’on se range

Sous l’étendard des TRAVAILLEURS.

Soldats ! qu’un sang bien cher ne teigne pas vos armes !

Frères, verrez-vous sans effroi

Vos pères massacrés et vos mères en larmes…

Et le rire aux lèvres d’un roi !…

Le fauteur de guerres civiles,

Le mouchard, le fusil en main,

Viendrait piller vos domiciles !

Sous l’habit du Républicain…

Citoyens et soldats, veillez avec prudence :

Le monarchisme, qui s’éteint,

Peut en se débattant, dans sa mort qui commence,

Serrer la main qui nous étreint…

Notre patrie est en souffrance ;

Restez unis ! c’est être fort.

N’oubliez pas que, pour la France,

C’est la République… ou la mort !

Quand l’ère du sang sera close,

Nous changerons notre drapeau,

Et l’étendard de couleur rose,

Guidera le monde nouveau !

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Por su autor
Justin Bailly
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Justin Bailly
Título
Le Drapeau rouge (Justin Bailly)
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-le-drapeau-rouge-justin-bailly--justin-bailly-481279
Cita recomendada
Justin Bailly, «Le Drapeau rouge (Justin Bailly)», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-le-drapeau-rouge-justin-bailly--justin-bailly-481279.html

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