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Auguste Angellier · Modernismo

Le Banquet chez Clinias

francés

LYSIS

Lorsque l’accusateur eut fini sa lecture,

Dont la sottise allait du mensonge à l’injure.

Socrate qui l’avait écouté sans bouger,

Comme à quelque débat qui lui fût étranger,

Se leva lentement. Il commença par dire

Qu’il n’avait point appris l’art subtil de conduire

Par un verbe savant un discours concerté,

Mais parlait simplement la simple vérité,

Telle qu’il la parlait sur la place publique,

De la même façon familière et modique

Dont il usait, lorsqu’il rencontrait des amis.

Dès lors, continuant comme il l’avait promis,

En propos modérés, unis, précis et justes,

Mais, comme il l’est lui-même, étrangement robustes,

Il reprit un par un les griefs. L’examen

Par lequel il les mit en poudre sous sa main,

Sous son aspect sans art, n’était rien qu’un chef-d’œuvre.

Comme un chasseur adroit étrangle une couleuvre,

Il saisit Melitus dans une question,

Et le tordant d’un seul et décisif affront,

Sans augmenter l’effort d’un esprit qui se joue,

Le laissa retomber dans sa honte et sa boue.

Sous cette causerie — à peine un plaidoyer —

On voyait se troubler, s’affaiblir et ployer

Les accusations, les accusateurs mêmes,

Dont les traits devenaient plus confus et plus blêmes.

« Vous m’accusez d’avoir, leur dit-il, corrompu

Et de corrompre encor les jeunes gens : j’ai pu,

Dénouant les liens de passions funestes,

En rendre quelques-uns de violens, modestes,

De paresseux, actifs, de prodigues, prudens,

D’avares, généreux. S’ils étaient impudens,

Mes mots seraient ici réprimés, à ma honte,

Car, en les prononçant, Athéniens, j’affronte

Les pères, les parens, que je vois parmi vous,

De ceux que je déclare avoir rendus plus doux,

Chastes et tempérans. Que Mélitus, s’il l’ose,

En prenne quelques-uns pour témoins dans ma cause,

Ceux-là m’accuseront ! Et s’il ne le fait pas,

Et si leur amitié me suit dans ces débats,

C’est comme s’ils étaient ici pour me défendre ;

Et n’est-ce pas miracle, ô Mélitus, d’attendre

Un service, un bienfait, un secours, un appui

De ceux auxquels tu veux que ma parole ait nui ?

Mais sais-tu, Mélitus, ce que dit leur silence,

Ce qu’il proclame haut avec plus d’éloquence

Que tu n’en dépensas tantôt pour m’accuser ?

C’est que tu n’es qu’un fourbe, un imposteur d’oser

Affirmer ce que nie et dément leur visage ;

Et peut-être toi-même aurais été plus sage

D’avoir, ô Mélitus, avec eux écouté

Mon conseil corrupteur d’aimer la vérité. »

Déjà ces simples mots d’une force indignée,

Mais parlés simplement, ainsi qu’une cognée,

Faisaient sauter le bois de l’accusation.

D’autres suivaient bientôt d’un effet aussi prompt.

« Les Dieux, dit-il, comment pourrais-je n’y pas croire,

Moi qui crois aux Démons, et dont la propre histoire

Fut toujours dirigée, aux momens anxieux,

Aux tournans indécis, par la voix de l’un d’eux,

Qui me suit dès l’enfance et qui se fait entendre,

Non pour me suggérer ce qu’il faut entreprendre,

Mais bien pour empêcher ce que j’ai résolu ?

Et ces divins conseils ont toujours prévalu.

C’est d’après cette voix écoutée et suivie

Que j’ai réglé toujours, et règle encor ma vie.

Comment, si les Démons sont les enfans des Dieux,

Nier qu’il est des Dieux ? Diras-tu, si tu veux

Employer, Mélitus, des images profanes,

Qu’il y a des mulets nés de chevaux et d’ânes,

Et qu’il n’existe point d’ânes ni de chevaux ?

Et voilà les raisons de quoi tu te prévaux

Pour m’accuser ici d’être impie, incrédule !

Tu te rends, Mélitus, chétif et ridicule,

Toi qui dis à la fois : « Socrate reconnaît

Et ne reconnaît pas les Dieux, » car ce qui naît

D’un être est le meilleur témoin que l’être existe.

L’excellent Mélitus pour Mélitus m’attriste. »

Pour la Loi qu’il avait jusqu’à présent suivie,

Il était prêt encore à déposer sa vie.

Il n’apporterait point, comme il se fait souvent,

Pour attendrir les cœurs d’un spectacle émouvant,

Ses parens, ses enfans, dont les larmes versées

Pourraient vers l’indulgence incliner leurs pensées,

Encor qu’il eût trois fils : l’un d’eux adolescent,

Les autres, tout enfans. Car il n’est point décent

Qu’un juge, ayant prêté son serment, outrepasse

La ligne que le doigt de la Justice trace ;

Il ne doit prononcer qu’avec son seul esprit.

En outre, il convient mal au renom, au crédit

D’Athènes, qu’il soit cru, sur la terre étrangère,

Que ses fils les meilleurs ont l’âme assez peu fière

Pour vouloir se sauver par d’infimes moyens ;

Il faut qu’il soit connu que tous ses citoyens,

Délaissant aux rhéteurs un improbe artifice,

Jugent et sont jugés par la stricte Justice.

Enfin : « Sans prendre exemple à d’autres oraisons,

Athéniens, dit-il, j’ai donné des raisons,

Mais je ne vous ai point adressé de supplique.

Je m’abandonne à vous ainsi qu’au dieu delphique,

Pour que vous me jugiez, comme il sera le mieux

Et pour vous et pour moi, sous nos juges les Dieux.

Son manteau brun ouvert sur sa pauvre tunique,

L’air tranquille, et pareil à celui qui s’explique

Dans un mince débat dont il fait peu de cas,

Avec la même voix, et le geste du bras

Qui tantôt suit la phrase et tantôt la précède,

— Son geste habituel, dont il semble qu’il aide

Sa pensée à venir vers ceux qu’il entretient, —

Avec sa même aisance, et son même maintien

Que l’on sent si dispos dans sa calme habitude,

Il parlait. Merveilleuse était la certitude

Qui naissait lentement de ces simples propos !

La mesure parfaite et la clarté des mots,

L’argument sans surcroît, sans hâte et sans entrave,

La justesse du ton plein d’enjoûment ou grave,

Le jeu sûr de l’accent discret et modéré,

Étaient tels que jamais nous n’avions admiré

Ces dons de notre maître avec tant de surprise.

Et sous eux, la pensée allait ferme et précise ;

Chaque habile raison semblait n’être qu’un fait

Qu’il donnait en passant, et cependant l’effet

En était, à bien voir, savamment efficace.

La marche du discours était sûre et sagace,

Quelques mois décisifs sur le point discuté

Suffisaient ; il passait. Cette simplicité,

Qui frémissait parfois au bord de l’éloquence,

Eut peut-être éclaté, n’était la vigilance

Dont il a toujours su maîtriser son discours ;

El les mots revenaient à leur calme parcours.

Quel puissant orateur aurait été Socrate,

S’il n’avait préféré cacher, comme l’agate,

Sa veine précieuse en un fruste dehors

Plein, quand il est ouvert, d’un reploiement d’essors.

THÉÉTÈTE

Quel souvenir sacré dans ton âme va vivre !

LYSIS

Plus grand que tu ne crois ! C’était beaucoup de suivre

Le travail ou plutôt le jeu de son esprit,

— Vous n’en avez par moi qu’un rapport amoindri, —

Mais c’était plus encor de l’admirer lui-même,

D’admirer, embellis d’une clarté suprême,

Ces traits dont quelquefois il aime à plaisanter

Je rends grâces aux Dieux d’avoir pu l’écouter,

Mais combien plus encor d’avoir vu sur sa face

Tout ce qu’un seul instant magnanime ramasse

De grandeur sur le marbre étroit d’un front humain.

Il était arrivé, le visage serein ;

Je ne sais pas encor si sa paix coutumière

Et cet abord rieur qu’aucune humeur n’altère

Portaient réellement un air de gravité,

Ou si c’est notre esprit qui le leur a prêté,

Car nous étions émus plus qu’il ne semblait l’être.

Un commerce fidèle et long m’a fait connaître

Le jeu discret, mais riche et divers de ses traits ;

Je les ai vus railleurs, pénétrans et distraits,

Je ne les vis jamais plus souples à l’idée ;

Et mon âme attentive, anxieuse, guidée

Par des indices fins inaperçus de tous,

Put suivre tout l’émoi de son âme, au-dessous

De ces mots qui déjà contenaient tant de choses,

Comme on voit sous l’effet la réserve des causes.

Tout le temps qu’il parla, modestement hautain,

A peine devinai-je une ombre de dédain

Recouvrir, par instant, une ombre de colère.

Tous, disciples, savans et la masse vulgaire

Sentirent dès l’abord, pris d’un même respect,

La noblesse cachée en son modique aspect.

Sa première parole éclaira son visage ;

Au cours de ses propos si simples, son image

Par-delà la mesure humaine grandissait,

Si bien qu’une terreur enfin nous remplissait,

Comme on l’éprouve auprès de présences divines

Et cet homme aux façons humbles et citadines,

Au maintien négligé, si pauvrement vêtu,

Paraissait, — peu à peu, — resplendir de Vertu.

Ses yeux si beaux et bons, bleus et gris tout ensemble.

Et toujours habités d’une lueur qui tremble

Etroite et retirée au fond de leur regard,

Ou qui nage diffuse en un pensif brouillard,

Tantôt ils s’emplissaient d’une clarté plus ample

Digne de s’allumer sur le parvis du temple

Où les Dieux, sous son front, ont un culte nouveau ;

Tantôt on ne savait si la fleur ou si l’eau

Fournissait ce reflet d’azur limpide et tendre,

Jeune, frais, innocent, et qui semblait étendre

Sur nous tous la candeur d’un cœur naïf d’enfant ;

Tantôt il y passait un éclair triomphant,

Et tantôt un éclat plus dur et plus sévère ;

Mais toujours revenait la lueur familière

Qui, retirée au fond des regards amoindris,

Leur rendait leur jeu fin d’amusement surpris.

Tout cela se passait par-dessus son langage,

Qui restait sur le sol, comme on voit un nuage

Transformer ses trésors d’ombres et de rayons

Au-dessus des labeurs penchés sur les sillons.

Tous ne discernaient pas, comme nous ses disciples.

Sous sa tranquillité, les profonds, les multiples,

Les subtils mouvemens qui traversaient ses yeux ;

Encor moins pouvaient-ils discerner, — plus loin d’eux

L’infini mouvement qui traversait son âme.

Mais tous sentaient pourtant qu’il brillait une flamme

Magnifique au sommet de cet humble maintien.

Des milliers de regards se suspendaient au sien ;

Mais parfois, par un prompt glissement, son sourire

Par qui sa bouche a l’air heureuse de séduire,

Faisait que les regards sur sa lèvre étaient tous.

Son ancienne ironie, exempte de courroux,

Toujours fine, mais plus contenue et discrète,

S’y jouait comme aux jours où sa lente conquête,

Attirant les esprits constamment amorcés,

Les menait d’une erreur, consentans ou forcés,

Vers un large sommet balayé d’éloquence.

C’était le même jeu, toujours de connivence

Avec quelque raison que l’on sent s’approcher,

Sans qu’on sache s’il veut l’offrir ou la cacher.

Et le vaste auditoire où frémissait la fièvre,

Gagné par la malice habile de sa lèvre,

Oubliait son angoisse, un instant conforté

Par tant de bonhomie et de simplicité,

Capables de charmer même notre détresse.

Mais parfois il semblait qu’il eût de la tristesse,

Non pour lui, mais pour ceux auxquels il s’adressait,

Les juges devant lui. Le regard qu’il fixait

Sur ces gens dans lesquels il pouvait voir d’avance,

Lui, le liseur d’esprits, se former sa sentence,

Se remplissait de peine et de compassion.

La beauté qui passait dans cette expression

De pitié, de clémence et de pardon sublime

Pour tous ceux qui, tenant entre leurs mains un crime,

Attendaient qu’il se tût, afin de les ouvrir,

Était celle d’un dieu. Mais, pour la ressentir,

Il fallait, comme nous, connaître son visage.

Les autres ne voyaient que son calme courage,

Tant il était discret à rien laisser passer,

Hormis les justes mots qu’il voulait prononcer

Pour accorder aux Lois le respect et l’hommage

De défendre, en leur temple et devant leur image,

Un citoyen sans crime accusé sans raison.

Et je voyais des pleurs dans les yeux de Platon.

Quand il eut terminé sa sobre apologie,

Il s’assit avec calme. Une rumeur surgie

En long frissonnement sans un seul son de voix,

Comme ces grands soupirs dont s’émeut un grand bois,

De tant de seins émus par cette grandeur d’âme

S’éleva. Mais, ses yeux ayant perdu leur flamme,

Il paraissait distrait, ainsi qu’il l’est souvent,

Quand il se perd au fond de lui-même, suivant

Le fil intérieur de pensers qu’il démêle,

Et son esprit errait, loin de l’heure réelle,

Dans les champs lumineux des immortalités ;

Nous savions qu’il montait des degrés enchantés.

Mais lorsque le greffier annonça la sentence,

Il sortit tout à coup de son étrange absence,

Et reprit simplement son regard attentif.

Les cœurs des matelots, quand le choc du récif

Déchire le navire et le livre au naufrage,

N’ont point de battemens de colère et de rage,

Comme en eurent nos cœurs quand l’arrêt fut donné !

Jamais le lieu sacré ne fut tant profané

Où l’antique Justice a sa demeure auguste !

Il semblait que le Vrai, le Bon, le Bien, le Juste,

Par ce forfait dément tous ensemble outrages,

Tombaient et s’écroulaient à nos yeux affligés,

Et qu’un effondrement immense et redoutable

Se prolongeait autour du sublime coupable

Qui, tel qu’un haut pilier, demeurait seul debout

Dans la chute, le bris, le désastre de tout.

Une vague terreur passa sur l’auditoire,

Comme devant un crime auquel on ne peut croire,

Tant il est monstrueux, et qui pourtant est là.

Un épouvantement de vengeances frôla

Ce peuple tout à coup muet et immobile.

Socrate seul avait son sourire tranquille,

Et ce fut, mes amis, un spectacle très grand

Que ce visage clair, paisible et rassurant

Ceint de fronts sur lesquels s’étendait de la cendre,

LYSIS

Ah ! ceux-là ne sauront jamais sur quelle cime

Un homme peut porter une paix magnanime,

Qui n’ont point vu Socrate accueillir cet arrêt.

Il leur dit simplement qu’il n’avait qu’un regret,

C’est qu’ils allaient ternir le pur renom d’Athènes,

Pour n’avoir point songé que les saisons humaines

Emporteraient bientôt le vieillard qu’il était ;

Ils seraient châtiés par leur propre forfait,

Car ils portaient en eux un éternel outrage !

Avec ceux qui l’avaient absous par leur suffrage

Il désirait, dit-il, s’entretenir encor,

Avant d’être appelé par les Onze : la mort

Est un passage court de ce lieu vers un autre,

Ou bien un long sommeil auprès duquel le nôtre

N’est qu’un rêve agité qui nous délasse mal.

S’il est encore un peuple au climat infernal,

Quel chemin si fleuri qu’il égale la voie

Par où l’homme s’en va vers la durable joie

De voir les demi-dieux, les juges, les héros,

Ulysse, Achille, Ajax, Rhadamante, Minos,

D’entendre Orphée, Homère, Hésiode, Musée ?

Ainsi peut-il mourir l’âme tranquillisée

Celui qui vécut juste, intègre et bienfaisant ;

Derrière le trépas, rien d’amer ne l’attend.

Et c’est pourquoi, dit-il, il n’éprouvait de haine

Ni pour ceux dont le vote a décidé sa peine,

Ni, malgré leurs desseins, pour ses accusateurs.

Alors il souhaita qu’au temps venu les mœurs

De ses fils, grandissant sans lui, fussent guidées

Par les mêmes conseils et les mêmes idées

Pour lesquels il allait mourir dans quelques jours.

Ce qu’il disait ainsi n’était point un discours ;

Quelle harangue aurait surpassé sa parole,

Cet adieu familier d’un homme qui s’immole

Pour sa pensée, et qui, dès longtemps dégagé

De nos chétifs émois, prend un noble congé

De la haine des uns et de l’amour des autres ?

Et nous sentions son cœur qui grandissait les nôtres !

Puis il dit : « Le soleil va perdre ses rayons,

C’est l’heure maintenant que nous nous retirions,

Moi qui m’en vais mourir, vous qui restez à vivre.

Dieu seul sait, — lui qui sait ce qui lie ou délivre, —

Qui de vous ou de moi tient la meilleure part.

Je le saurai demain ; vous l’apprendrez plus tard. »

Un instant, ces seuls mots, si simples et sublimes,

Parurent s’élargir dans d’immenses abîmes

De silence pieux et de recueillement,

Comme en un sanctuaire, où le Dieu est présent.

Puis soudain, des sanglots et des cris éclatèrent,

Ses disciples vers lui, ses amis se jetèrent ;

Et, dans ce flot tragique agité de douleurs,

Son front calme, entouré de visages en pleurs,

Se tournait pour donner à chacun la parole

Qui rassure, affermit, remercie ou console ;

Quelquefois il passait la main sur les cheveux

D’un disciple plus jeune, ou réprimandait ceux

Qui faisaient éclater trop bruyamment leur peine.

Nos lamentations s’élevaient comme un thrène ;

Les poètes n’ont point sur la scène évoqué

De roi, ni de héros par les destins traqué,

Faisant front aux malheurs qu’un instant accumule,

Sans que sa voix faiblisse ou que son pied recule,

Qui reçût l’infortune avec tant de grandeur ;

Œdipe détrôné n’est point suivi d’un chœur

Comparable à celui dont la noble détresse

Faisait gémir l’espoir et la fleur de la Grèce.

Il partit, escorté de tous, vers la prison,

Comme s’il retournait du stade à sa maison,

Et le gardien ferma les deux portes de bronze.

Le reste de sa vie est au pouvoir des Onze.

AUGUSTE ANGELLIER.

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Auguste Angellier
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Le Banquet chez Clinias
Lengua
francés
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Identificador
ws-fr-le-banquet-chez-clinias--auguste-angellier-fffa6c
Cita recomendada
Auguste Angellier, «Le Banquet chez Clinias», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-le-banquet-chez-clinias--auguste-angellier-fffa6c.html

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