C’est un nid caché dans un bosquet d’aunes,
Le berger du lieu ne le connaît pas,
Il a dû voir jadis les chants des faunes
Au temps où la nymphe y risquait ses pas.
Dans ce sanctuaire aucun bruit n’arrive :
Du reste du monde on est isolé.
La petite fleur demande, "Qui vive ?"
Quand bourdonne autour un insecte ailé.
Le muguet y vient tout près des pervenches
Et le Nymphéa, dans l’étang qui dort.
Le soleil, parfois, à travers les branches
Sur le gazon vert blute un rayon d’or.
Des fleurs aux cheveux, sur le cou des perles,
Pauline a trouvé ce nid dans les bois
Et là, tous les deux, seuls avec les merles,
Nous avons aimé la première fois.