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PoetósferaLa BibliotecaAuguste Lacaussade

Auguste Lacaussade · Modernismo

Lacaussade (Auguste)

francés

Dis-moi, mobile étoile aux ailes de lumière,

Qui poursuis dans l’azur ton vol mystérieux,

Où va ta course ? Est-il un but à ta carrière ?

Cloras-tu quelque part tes ailes dans les cieux ?

Dis-moi, lune pensive, ô pâle voyageuse !

Cheminant aux déserts du firmament lacté,

Dans quelle profondeur obscure ou lumineuse,

Ô lune ! cherches-tu le repos souhaité ?

Dis-moi, vent fatigué, qui vas à l’aventure,

Comme un déshérité sans foyer ni repos,

Est-il un lit secret au fond de la nature,

Est-il un nid pour toi dans l’arbre ou sur les flots ?

Dis-moi, mer tourmentée, au murmure sauvage,

Qui te plains à la nuit, qui te plains au soleil,

Par delà l’horizon est-il quelque rivage

Où tu doives trouver un lit et le sommeil ?

Et toi, cœur inquiet, plus agité que l’onde,

Plus errant que la brise et qu’un rien fait gémir,

Est-il un lieu béni, dans l’un ou l’autre monde,

Où tu puisses, mon cœur, oublier et dormir ?

Beau lac, sur les gazons que ton flot calme arrose,

La colombe des bois s’arrête et se repose ;

Et, voilant ses bonheurs dans l’ombre des rameaux,

Suspend son nid à l’arbre incliné sur tes eaux.

Pour embellir tes bords, la jam-rose odorante

Ombrage de son fruit ton onde transparente ;

Pour charmer tes échos, l’aigrette du maïs

Berce parmi ses fleurs le chant des bengalis ;

Et, ridant ton azur, la poule d’eau sauvage

Montre sur tes flots bleus son bleuâtre corsage.

L’ouragan déchaîné qui rugit sur les monts,

Quand son souffle orageux descend dans ces vallons,

Épargne le bassin où ta vague demeure ;

Son courroux désarmé te caresse et t’effleure.

La lune, à son zénith, blanchissant tes roseaux,

S’arrête dans l’azur pour contempler tes eaux.

Tout s’embaume en ces lieux d’amour et d’harmonie.

N’es-tu pas le séjour de quelque heureux génie ?

Des ondes et des bois respirant la douceur,

Je l’écoute, et je crois écouter une sœur,

Qui gronde en souriant, dont la voix jeune et pure,

Fraîche comme ton eau qui se plaint et murmure,

Semble, en se consolant, me reprocher tout bas

De vivre dans un monde où le bonheur n’est pas ;

Et mon âme à ta voix descend vers ce rivage

Comme un oiseau battu par le vent et l’orage,

Et, rêvant au long bruit de tes mourants accords,

Voudrait se faire un nid à l’ombre de tes bords.

(Poèmes et Paysages.)

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Expediente

Autor
Auguste Lacaussade
Título
Lacaussade (Auguste)
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-lacaussade-auguste--auguste-lacaussade-f96ee9
Cita recomendada
Auguste Lacaussade, «Lacaussade (Auguste)», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-lacaussade-auguste--auguste-lacaussade-f96ee9.html

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