CONTES.
LA QUERELLE DU RICHE ET DU PAUVRE,
APOLOGUE.
Mais, soumis à des lois que je ne puis changer,
Je n’ai plus qu’un moyen propre à vous soulager.
Je hais vos oppresseurs : les riches sont barbares ;
Ils paraîtront souvent l’objet de mon courroux ;
Mécontens, ennuyés, prodigues, vains, bizarres,
Ce sont de vrais tourmens : mais le plus grand de tous,
C’est l’avarice ; eh bien ! je vais les rendre avares :
C’en est fait, les voilà pauvres tout comme vous. »
Ainsi fit Jupiter. Les Dieux ont leur système.
Mais, soit dit sans fronder leur volonté suprême,
Je voudrais que le ciel, moins prompt à nous venger,
Sût un peu moins punir, et sût mieux corriger.