Ainsi, vous reverrez la France, gens heureux !
Ainsi, vers votre nef, vous croirez que s’avance,
Bientôt, dans un brouillard bleuâtre, la Provence !
Je vous envie ! — Hélas ! je suis comme ces fleurs
Qui naissant sous des cieux qui ne sont pas les leurs,
Rt devinant au loin qu’elles ont des patries,
Peuvent sembler fleurir, mais se sentent flétries !
Elles descend quelques marches.
Vous verrez, sur la mer, le sol natal qui point !…
— Moi, ma vie est d’aimer en ne connaissant point,
Et d’avoir des regrets, sans une souvenance…
Elle descend une dernière marche et s’avance entre les pèlerins.
Mais déjà, comme il sied aux chrétiens en partance,
Vous avez tous cueilli la Palme.
Prenant des lys aux mains des enfants.
Vous avez tous cueilli la Palme. Voulez-vous
Chacun joindre à la palme un lys fragile et doux,
Et le garder, ce lys, relique bien légère,
Pour vous remémorer la française étrangère ?
Elle distribue les lys.