Un beau jour de printemps, dans un vaste jardin,
Où Flore avoit versé sa brillante corbeille,
De fleur en fleur voltigeoit une abeille,
Et s’empressoit de cueillir son butin.
Ignores-tu, lui dit la jardinière,
Que beaucoup de ces fleurs enferment du venin ?
Si je le sais, répond la prudente ouvrière,
Assurément, mais aussi dans leur sein
Tout n’est pas du poison le choix est mon affaire.
Cette fable, à mon sens, dit à tout écrivain :
Sachez faire un bon choix ou renoncez à plaire.