CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaHenriette-Julie de Castelnau de Murat

Henriette-Julie de Castelnau de Murat · Ilustración

La comtesse de Murat

francés

Avant ce temps fatal les amants trop heureux

Brûloient toujours des mêmes feux.

Rien ne troublait le cours de leur bonheur extrême.

Pagon [l’enchanteur], leur fit trouver le secret malheureux

De s’ennuyer du bonheur même.

Tant qu’amour fait sentir ses peines, ses tourments,

Et les doux transports qu’il inspire,

Il reste cent choses à dire

Pour les poètes, les amants ;

Mais, pour l’hymen, c’est en vain qu’on réclame

Le dieu des vers et les neuf doctes sœurs ;

C’est le sort des amours et celui des auteurs

D’échouer à l’épithalame.

Faut-il être tant volage ?

Ai-je dit au doux Plaisir :

Tu nous fuis, las ! quel dommage,

Dès qu’on a pu te saisir.

Le Plaisir, tant regrettable,

Me répond : Rends grâce aux dieux ;

S’ils m’avoient fait plus durable,

Ils m’auroient gardé pour eux !

Si quelqu’un, bien traité des belles,

Fait, des faveurs qu’il obtient d’elles,

Un trophée à sa vanité,

Qu’il soit partout si mal traité,

Qu’il ne trouve que des cruelles.

Aimer à publier les grâces qu’on reçoit

Marque, ordinairement, qu’on les sent comme on doit.

En amour, c’est une autre affaire,

C’est les bien ressentir que de les bien céler,

Et, si l’ingratitude est ailleurs à se taire,

En amour, elle est à parler !

Muse de tous nos jeux, objet de nos hommages,

Songez que le dépit se mêle à nos suffrages,

Lorsque vous empruntez des travestissements

Trop peu dignes de vous, malgré leurs agréments ;

D’un naturel heureux l’ascendant est extrême.

Pour nous plaire toujours, soyez toujours vous-même ;

Sous des myrthes fleuris, dans des palais charmants,

Devenez-vous princesse ou compagne de Flore,

Vous causez dans les cœurs de doux ravissements,

Un murmure s’élève, éclate, augmente encore ;

Vous entendez partout des applaudissements.

Quel triomphe flatteur ! C’est un peuple d’amants

Qui couronne ce qu’il adore !

Hé bien ! croyez-les donc, ces cœurs que vous troublez.

Sous les vains ornements que votre art nous présente,

Vous n’êtes jamais plus charmante,

Que lorsque vous vous ressemblez !

Le tendre Amour soupirant

Hier disoit à sa mère :

Je ne sais quel accident

A fait geler ma terre ;

Mais il fait bien mauvais temps

Dans l’île de Cythère !

Les amoureux sont transis,

Auprès de leur bergère ;

Dans ses doigts on voit Tircis

Souffler et ne rien faire.

Ah ! que de cœurs engourdis

Dans l’île de Cythère !

Il nous faudroit des amants

Discrets, mais téméraires,

Qui ne fussent pas tremblants,

Mais ardents et sincères ;

Tels ne sont pas ceux du temps

Qui règne dans Cythère !

Après le froid c’est la faim

Qui nous livre la guerre ;

On appauvrit le terrain

D’Amour et de sa mère ;

On n’a plus que mauvais grain

Au marché de Cythère !

Jadis on alloit semant

Le grain en bonne terre,

On faisoit facilement

Une récolte entière ;

Que de déchets à présent,

Dans l’île de Cythère !

L’on apportait à foison

Farine aux boulangères ;

Dans cette morne saison,

À peine les meunières

Retirent-elles du son

Des moulins de Cythère !

Sigue explorando

Por su autor
Henriette-Julie de Castelnau de Murat · 1 pieza más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← La comtesse de Murat

Expediente

Autor
Henriette-Julie de Castelnau de Murat
Título
La comtesse de Murat
Lengua
francés
Época
Ilustración
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-la-comtesse-de-murat--henriette-julie-de-castelnau-675557
Cita recomendada
Henriette-Julie de Castelnau de Murat, «La comtesse de Murat», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-la-comtesse-de-murat--henriette-julie-de-castelnau-675557.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.