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PoetósferaLa BibliotecaEugène Bercioux

Eugène Bercioux · Modernismo

La Bonne d’enfant

francés

Je rôtis, je brûle,

Dans mon sang circule

Un feu dévorant :

Je sens une flamme

Qui fait de mon âme

Un tison ardent.

Serait-il prudent

Pour une simple femme

De prendre un amant ?

Couronnez ma flamme.

De prendre un amant,

Un amant,

Si brûlant !

Au feu !

Au feu !

A l’incendie !

A moi !

A moi !

Secourez-moi !

Craignez,

Craignez

La tragédie

D’un noir trépas

Que vous n’attendez pas.

Quel feu !

Quel feu !

Quel incendie !

Pourquoi,

Pourquoi

Tout cet émoi ?

Cessez,

Cessez

La tragédie

D’un noir trépas

Auquel je ne crois pas.

Je suis perdue, écoutez la sonnette :

Ce sont les maîtres de ces lieux.

On y va !… Malheureux ! dans cette humble cachette

Dérobez-vous à tous les yeux.

On y va ! C’est bien noir, je crains le mal de tête !

Songez que si l’on trouve un homme ! un homme ici,

C’est la mort pour tous deux, la mort !

C’est la mort pour tous deux, la mort ! Ah ! sapristi !

Je rôtis, je brûle,

Dans mon sang circule

Un feu dévorant.

Je sens une flamme

Qui fait de mon âme

Un tison ardent.

Quel événement

Pour une simple femme !

Encore un amant !

Couronnez ma flamme.

Encore un amant,

Tendre ardent

Et brûlant.

L’amour vous appelle,

Cédez à l’amour !

Le guerrier, ma belle,

Doit vaincre toujours !

Femme ou citadelle,

Il n’est de rebelle

Au vrai troubadour !…

Quand l’amour m’appelle,

J’ai peur de l’amour !

Le cœur d’une belle

Hésite toujours !

Il faut que près d’elle

Se montre fidèle

Le vrai troubadour !

Couronnez, ma tigresse,

Les vœux d’un tendre amant.

Croire à votre tendresse

N’est-il pas imprudent ?

Je suis le plus constant

De tout le régiment ;

Croyez au dévoûment

Du plus brûlant amant.

Je ne crois pas à votre flamme,

Vous trompez une faible femme ;

Je ne crois pas vraiment

A votre sentiment.

L’amour nous appelle, etc.

Quand l’amour m’appelle, etc.

Superbe créature !

Je chéris tes appas,

La voix de la nature

Me conduit sur tes pas.

Sans succès il m’assure

Qu’il chérit mes appas !

Ce n’est pas la nature

Qui l’a mis sur mes pas.

Ce militaire m’attriste,

Son aveuglement

Me trouble vraiment,

Comme homme et comme fumiste ;

Puis-je poliment

Répondre à son doux compliment ?

De mon hommage, adorable bouchère,

Ah ! ne rougissez pas !

Du sapeur on connait le noble caractère.

Voyez mon embarras,

Monsieur n’insistez pas.

Cette main, cette main si jolie,

Je la tiens, je la liens (ter.) sur mon cœur.

Près de vous, près de vous je m’oublie ;

Lâchez ma main, sapeur.

Tudieu ! quelle vigueur !

Cupidon m’inspire,

Ce petit blagueur

Prend pour tout séduire

L’aspect d’un sapeur !

Cupidon m’inspire,

Suis-je assez blagueur,

Je viens de séduire

Les yeux d’un sapeur !

De la trompette

J’entends,

Les accents éclatants

Et je m’enfuis seulette

Au rendez-vous

Bien doux

Qu’amour loin des jaloux

Me demande en cachette

On ne pourra me voir

Grâce à l’ombre du soir.

Pourtant il fait bien noir,

Et je suis inquiète ;

Mais malgré ma frayeur,

D’espoir et de bonheur,

Je sens battre mon cœur

Au son de la trompette.

Et cependant,

Est-ce prudent,

Pendant la nuit,

D’aller sans bruit (bis.)

Sur les remparts, (bis.)

Loin des regards ?

Pour y chercher (bis.)

Un mari…

Un mari…

Qui peut-être dira nenni !

La, la, la, la, la,

De la trompette

J’entends

Les accents éclatants !

Et je m’en vais seulette

Au rendez-vous

Bien doux

Qu’amour loin des jaloux

Me demande en cachette

La garnison

De Charenton

Passe à Bicêtre,

La garnison

De Charenton

Passe le pont !

Cric, crac,

Cric, crac,

Giberne et sac !

Boutons de guêtre !

Paille au bivouac !

Cric, crac !

Y avait trois chevaliers

Qui s’en allaient en guerre ;

Un à cheval, l’autr’ à pied,

Le troisième par terre ;

C’était le brigadier

Qui portait la soupière ;

Qu’est-ce que nous ferons

D’un si bel escadron ? (bis.)

Cric, crac,

Giberne et sac

Paille au bivouac

Cric, crac !

Mais le premier répondit :

J’annoncerai l’affaire ;

Puis-le deuxième reprit :

Moi je reste en arrière ;

Alors le troisième dit :

Je garde la soupière ;

Ils étaient trois lurons

Dans ce bel escadron

Cric, crac,

Giberne et sac

Paille au bivouac,

Cric, crac !

O mon Dieu ! quel spectacle horrible !

Quel combat odieux !

Le sapeur, le fumiste et cet enfant terrible

Vont-ils s’égorger à mes yeux ?

Mademoiselle Dorothée !

Oui, c’est moi qui suis suffoquée

De ce duel féroce et de vos cris affreux !

Mademoiselle Dorothée !

Pourquoi se montrer irritée ?

C’est une pile méritée

Que je donne à ce singe affreux !

Je vous bannis pour jamais tous les deux !

Quelle injustice !

Quelle malice !

Pour ses attraits,

Quand je souffrais,

Que j’patissais,

Pour récompense

D’ma patience,

Me voir banni

Sans m dir’ merci,

C’ n’est pas joli !

Quelle injustice !

Quelle malice !

Pour ses attraits,

Quand je brûlais,

Que j’ me battais,

Pour récompense

De ma vaillance,

Me voir banni

Sans m’ dir’ merci,

C’ n’est pas joli !

Qu’on déguerpisse !

Que ça finisse !

Pour mes attraits,

Je vous laissais

Soupirer, mais,

Pour récompense

De ma clémence,

S’ conduire ainsi,

Se battre ici,

C’ n’est pas joli !…

Entendez-vous, c’est la retraite.

Il me faut rentrer au quartier.

Il me faut opérer ma retraite.

Pour toi, je serai sans quartier.

C’est le tambour,

Partez la nuit est belle ;

Non, plus d’amour !

Là bas, le devoir vous appelle,

Le devoir doit avoir son tour.

C’est le tambour !

Partons, la nuit est belle ;

Mon cher amour,

Loin d’ici le devoir m’appelle,

Le devoir doit avoir son tour.

C’est le tambour !

Partons, la nuit est belle ;

Mon cher amour,

Je te serai toujours fidèle,

Bientôt, je serai de retour !

Un instant ! entre nous, il faut qu’on se prononce ;

Allons, la belle, choisissez.

Oui, choisissez,

Mademoiselle, choisissez.

Ce fumiste est très-laid, cela se voit assez,

Et c’est moi…

Et c’est moi… Non, c’est moi…

Non, c’est moi…

Non, c’est moi… Non, c’est moi !…

Moi que vous chérissez.

J’aime Brindamour,

Le joli trompette ;

Lui seul pour toujours

A fait ma conquête ;

Tous deux vous viendrez

A mon mariage,

Et suivant l’usage

Vous y danserez.

Eh quoi ! plus d’amour ;

Elle aime un trompette !

Lui seul pour toujours

A fait ma conquête.

Eh ! quoi Brindamour

Ce fichu trompette !

J’aurai donc fait four,

Mille clarinette !…

Brindamour !

Brindamour !

La retraite s’est fait entendre,

Ne nous faisons pas attendre !

C’est assez,

Partez !…

Allons, fumiste, sans rancune !

Sapeur, devenons bons amis.

Cette blonde aujourd’hui d’ici nous a proscrits…

Nous nous retrouverons un jour près d’une brune.

En attendant,

Prenons notre malheur gaîment…

C’est le tambour !

Partons, la nuit est belle ;

Adieu l’amour !

Là-bas, le devoir nous appelle,

C’est le tambour !

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Por su autor
Eugène Bercioux
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Eugène Bercioux
Título
La Bonne d’enfant
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-la-bonne-denfant--eugene-bercioux-da9dab
Cita recomendada
Eugène Bercioux, «La Bonne d’enfant», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-la-bonne-denfant--eugene-bercioux-da9dab.html

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