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PoetósferaLa BibliotecaNoël Parfait

Noël Parfait · Modernismo

La Beauceronne

francés

Oh ! quand luira ce jour, terre du ciel bénie,

Ô ma Beauce ! où j’irai vivre de ton air pur ?…

J’aime les bleus lointains de ta campagne unie

Qui bordent l’horizon d’un éternel azur !

Toi qui vas sur la France

Épanchant, tous les jours,

Ta corne d’abondance,

Qui se remplit toujours ;

Oui, je t’aime, ô patrie !

Champs dorés où Dieu mit mon berceau !

Terre absente et chérie,

Loin de toi, rien n’est beau !

J’aime l’immensité de tes fertiles plaines

Que mesure l’oiseau libre dans son essor,

Quand les brises d’été, sous leurs chaudes haleines,

De tes blés mûrissants agitent les flots d’or :

Mer d’épis où surnage,

Ombre unique au tableau,

Un clocher de village,

Comme un mât de vaisseau.

Oui, je t’aime, etc.

J’aime tes verts guérets semés de boutons jaunes ;

Les bluets des sentiers où, joyeux, si souvent

Pour mon front enfantin je tressai des couronnes,

Diadèmes de fleurs dispersés par le vent !

Que de fois, à cet âge,

Couché dans les moissons,

L’alouette sauvage

Me berça de chansons !

Oui, je t’aime, etc.

J’aime tes toits de chaume et leur mousse fleurie,

Où toujours, au printemps, l’hirondelle a son nid ;

L’étable hospitalière, agreste hôtellerie,

Où le pauvre qui passe, en hiver, trouve un lit ;

Et le soir, près de l’âtre,

Le cercle frissonnant,

Quand parfois le vieux pâtre

Évoque un revenant…

Oui, je t’aime, etc.

J’aime tes laboureurs, inclinant leur front mâle

Pour ravir aux sillons le pain du lendemain ;

Et les enfants du bourg, tout brunis par le hâle,

Essayant leurs pieds nus aux cailloux du chemin ;

Et puis nos Beauceronnes,

Quand le jour est couché,

Rustiques amazones,

Retournant du marché.

Oui, je t’aime, etc.

J’aime chez tes enfants cette ardeur héroïque

Qui, du champ paternel, les entraîne aux combats ;

Tel Marceau, qui, s’armant, au cri de : République !

Force l’étranger même à pleurer son trépas !

Noble fils d’une terre

Où dorment ces Gaulois

Morts, l’âme libre et fière,

Lorsque mouraient leurs lois !

Oui, je t’aime, etc.

Oui, tes champs nourriciers pour moi sont tout un monde,

Ô ma Beauce adorée, ô mon riche pays !

Pauvre plante arrachée au sol qui la féconde,

Sous un ciel étranger, loin de toi je languis ;

Mais j’attends, et j’espère

Un jour, un jour enfin !

Te revoir, ô ma mère !

Et mourir sur ton sein…

Car je t’aime, ô patrie !

Champs dorés où Dieu mit mon berceau !

Terre absente et chérie,

Loin de toi rien n’est beau !

Noël parfait.

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Por su autor
Noël Parfait
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Noël Parfait
Título
La Beauceronne
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-la-beauceronne--noel-parfait-50d2b2
Cita recomendada
Noël Parfait, «La Beauceronne», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-la-beauceronne--noel-parfait-50d2b2.html

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