Les grands seigneurs s’avilissent,
Les financiers s’enrichissent,
Tous les Poissons s’agrandissent,
C’est le règne des vauriens.
On épuise la finance
En bâtiments, en dépense ;
L’État tombe en décadence,
Le Roi ne met ordre à rien, rien, rien, etc.
Une petite bourgeoise
Élevée à la grivoise
Mesure tout à sa toise,
Fait de la Cour un taudis.
Le Roi, malgré son scrupule,
Pour elle froidement brûle ;
Cette flamme ridicule,
Excite dans tout Paris, ris, ris, etc.
Cette catin subalterne
Insolemment le gouverne,
Et c’est elle qui décerne
Les honneurs à prix d’argent ;
Devant l’idole tout plie,
Le courtisan s’humilie ;
Il subit cette infamie,
Il n’est que plus indigent, jean, jean, etc.
La contenance éventée,
La peau jaune et truitée,
Et chaque dent tachetée,
Les yeux fades, le cou long,
Sans esprit, sans caractère,
L’âme vile et mercenaire,
Le propos d’une commère,
Tout est bas dans la Poisson, son, son, etc.
Si dans les beautés choisies
Elle étoit des plus jolies ;
On pardonne les folies
Quand l’objet est un bijou ;
Mais pour si mince figure
Et si sotte créature,
S’attirer tant de murmure,
Chacun pense le Roi fou, fou, fou, etc.
Si vous voulez faire,
Dans le temps présent,
La plus mince affaire,
Il faut de l’argent ;
Parlez à d’Estrade, elle reçoit un écu,
Lanturela, etc.
Si vous voulez être
Sûr de la trouver
Et la reconnoître
Sans la demander,
Cherchez le visage le plus semblable à un c…
Lanturelu, etc.
Quoique l’on s’en gausse.
On a si bien fait,
Qu’on trouve une sauce
Au fade brochet ;
Pour dernière épreuve,
On le met au bleu tout crû,
Lanturelu, etc.
Autrefois de Versaille
Nous venoit le bon goût,
Aujourd’hui la canaille
Règne et tient le haut bout.
Si la Cour se ravale,
De quoi s’étonne-t-on ?
N’est-ce pas de la halle
Que nous vient le poisson ?