CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaFrançois-Charles Panard

François-Charles Panard · Ilustración

Description de l’Opéra

francés

J’ai vu Mars descendre en cadence ;

J’ai vu des vols prompts et subtils ;

J’ai vu la Justice en balance,

Et qui ne tenait qu’à deux fils.

J’ai vu le soleil et la lune

Qui faisaient des discours en l’air ;

J’ai vu le terrible Neptune

Sortir tout frisé de la mer.

J’ai vu l’aimable Cythérée,

Aux doux regards, au teint fleuri,

Dans une machine entourée

D’Amours natifs de Chambéri.

J’ai vu le maître du tonnerre,

Attentif au coup de sifflet,

Pour lancer ses feux sur la terre

Attendre l’ordre d’un valet.

J’ai vu du ténébreux empire

Accourir, avec un pétard,

Cinquante lutins pour détruire

Un palais de papier brouillard.

J’ai vu des dragons fort traitables

Montrer les dents sans offenser ;

J’ai vu des poignards admirables

Tuer les gens sans les blesser.

J’ai vu l’amant d’une bergère,

Lorsqu’elle dormait dans un bois,

Prescrire aux oiseaux de se taire,

Et, lui, chanter à pleine voix.

J’ai vu la Vertu, dans un temple,

Avec deux couches de carmin

Et son vertugadin très-ample,

Moraliser le genre humain.

J’ai vu des guerriers en alarmes,

Les bras croisés et le corps droit,

Crier cent fois courons aux armes,

Et ne point sortir de l’endroit.

J’ai vu trotter, d’un air ingambe,

De grands démons à cheveux bruns ;

J’ai vu des morts friser la jambe,

Comme s’ils n’étaient pas défunts.

J’ai vu, ce qu’on ne pourra croire,

Des tritons, animaux marins,

Pour danser troquer leur nageoire

Contre une paire d’escarpins.

Dans des chaconnes et gavottes

J’ai vu des fleuves sautillants ;

J’ai vu danser deux matelotes,

Trois Jeux, six Plaisirs et deux Vents.

Dans le char de monsieur son père,

J’ai vu Phaéton tout tremblant

Mettre en cendre la terre entière

Avec des rayons de fer-blanc.

J’ai vu Roland, dans sa colère,

Employer l’effort de son bras

Pour pouvoir arracher de terre

Des arbres qui n’y tenaient pas.

J’ai vu, par un destin bizarre,

Les héros de ce pays-là

Se désespérer en bécarre,

Et rendre l’âme en ut-mi-la.

J’ai vu plus d’un fier militaire

Se croire digne du laurier,

Pour avoir étendu par terre

Des monstres de toile et d’osier.

J’ai vu Mercure, en ses quatre ailes

Ne trouvant pas de sûreté,

Prendre encor de bonnes ficelles

Pour voiturer sa déité.

J’ai vu souvent une Furie

Qui s’humanisait volontiers ;

J’ai vu des faiseurs de magie

Qui n’étaient pas de grands sorciers.

J’ai vu des ombres très-palpables

Se trémousser au bord du Styx ;

J’ai vu l’enfer et tous les diables

À quinze pieds du paradis.

J’ai vu Diane en exercice

Courir le cerf avec ardeur ;

J’ai vu derrière la coulisse

Le gibier courir le chasseur.

Sigue explorando

Por su autor
François-Charles Panard · 2 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

La Bouteille (Panard) →

Expediente

Autor
François-Charles Panard
Título
Description de l’Opéra
Lengua
francés
Época
Ilustración
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-description-de-lopera--francois-charles-panard-a3750a
Cita recomendada
François-Charles Panard, «Description de l’Opéra», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-description-de-lopera--francois-charles-panard-a3750a.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.