Quoi ! ce n’est pas assez de tout ce que l’on souffre,
Que la guerre nous ruine et pour tous soit un gouffre,
Parce que, soi-disant les gens manquent d’argent,
Voilà que c’est à nous, les rentiers qu’on s’en prend !
On nous dit : « Tout le monde est réduit au chômage,
C’est le moins que chacun ait sa part de dommage ! »
On ne s’informe pas si cela nous ira ;
Propriétaire on est : le proprio paiera.
Et, sans plus de façon, le légiste exonère
Des charges de son bail, aïe donc ! tout locataire.
Mais alors si l’on nous prive de nos loyers,
Si nos termes, voyons, ne nous sont plus payés,
Nous devenons aussi victimes de la guerre !…
Hélas ! plaignez, plaignez le pauv’ propriétaire.
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Pourquoi nous empêcher illico d’expulser
Le bonhomme, voyons, qui ne peut rien verser ?
Le jeter à la rue était une ressource
Qui l’obligeait en somme à nous montrer sa bourse.
Maintenant, son argent, on n’en verra plus rien ;
Il est pour ses enfants et pour leur entretien !
Ah ! non plaignez, plaignez, le pauv’ propriétaire !
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» Vos loyers ont monté chacun de cent pour cent,
» Lors, que vous ne touchiez rien la guerre durant
» En calculant pour vous le prix du sacrifice
» Nous voyons qu’il se solde encore en bénéfice. »
Le beau raisonnement que l’on va nous chercher !
Quand on augmente, idiot, mais c’est pour tout toucher.
Vraiment c’est criminel d’entraver les affaires !…
Amis, plaignez, plaignez, les pauv’ propriétaires !
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Il en est quitte alors pour faire moins d’enfants…
Tant mieux ! C’est très mauvais pour les appartements.
Pour la natalité je sais qu’on s’en tourmente,
Car l’enfant diminue où le loyer augmente.
Mais qu’y faire ? il n’est pas dans notre attribution,
De veiller, que je sache, à la reproduction !
J’aime bien les enfants mais d’abord les affaires !
C’est vrai ! Plaignez, plaignez les pauv’ propriétaires.
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Mais nos petits troupiers étaient là, grâce à Dieu !
Ils ont fait reculer l’ennemi sous leur feu !
Nos immeubles sont saufs et nos maisons entières !
Oh ! chers petits soldats, fils de nos locataires,
Vous nous avez rendu nos biens immobiliers !…
Et nous pourrions encore en toucher les loyers !…
Mais, hélas ! on en vient d’exonérer vos pères…
Horreur ! Plaignez, plaignez, les pauv’ propriétaires !