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Georges Feydeau · Vanguardias / s. XX

Complainte du pauv’ propriétaire

francés

Quoi ! ce n’est pas assez de tout ce que l’on souffre,

Que la guerre nous ruine et pour tous soit un gouffre,

Parce que, soi-disant les gens manquent d’argent,

Voilà que c’est à nous, les rentiers qu’on s’en prend !

On nous dit : « Tout le monde est réduit au chômage,

C’est le moins que chacun ait sa part de dommage ! »

On ne s’informe pas si cela nous ira ;

Propriétaire on est : le proprio paiera.

Et, sans plus de façon, le légiste exonère

Des charges de son bail, aïe donc ! tout locataire.

Mais alors si l’on nous prive de nos loyers,

Si nos termes, voyons, ne nous sont plus payés,

Nous devenons aussi victimes de la guerre !…

Hélas ! plaignez, plaignez le pauv’ propriétaire.

Pourquoi nous empêcher illico d’expulser

Le bonhomme, voyons, qui ne peut rien verser ?

Le jeter à la rue était une ressource

Qui l’obligeait en somme à nous montrer sa bourse.

Maintenant, son argent, on n’en verra plus rien ;

Il est pour ses enfants et pour leur entretien !

Ah ! non plaignez, plaignez, le pauv’ propriétaire !

» Vos loyers ont monté chacun de cent pour cent,

» Lors, que vous ne touchiez rien la guerre durant

» En calculant pour vous le prix du sacrifice

» Nous voyons qu’il se solde encore en bénéfice. »

Le beau raisonnement que l’on va nous chercher !

Quand on augmente, idiot, mais c’est pour tout toucher.

Vraiment c’est criminel d’entraver les affaires !…

Amis, plaignez, plaignez, les pauv’ propriétaires !

Il en est quitte alors pour faire moins d’enfants…

Tant mieux ! C’est très mauvais pour les appartements.

Pour la natalité je sais qu’on s’en tourmente,

Car l’enfant diminue où le loyer augmente.

Mais qu’y faire ? il n’est pas dans notre attribution,

De veiller, que je sache, à la reproduction !

J’aime bien les enfants mais d’abord les affaires !

C’est vrai ! Plaignez, plaignez les pauv’ propriétaires.

Mais nos petits troupiers étaient là, grâce à Dieu !

Ils ont fait reculer l’ennemi sous leur feu !

Nos immeubles sont saufs et nos maisons entières !

Oh ! chers petits soldats, fils de nos locataires,

Vous nous avez rendu nos biens immobiliers !…

Et nous pourrions encore en toucher les loyers !…

Mais, hélas ! on en vient d’exonérer vos pères…

Horreur ! Plaignez, plaignez, les pauv’ propriétaires !

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Dónde vive
La Biblioteca

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Expediente

Autor
Georges Feydeau
Título
Complainte du pauv’ propriétaire
Lengua
francés
Época
Vanguardias / s. XX
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-complainte-du-pauv-proprietaire--georges-feydeau-11fb7f
Cita recomendada
Georges Feydeau, «Complainte du pauv’ propriétaire», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-complainte-du-pauv-proprietaire--georges-feydeau-11fb7f.html

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