CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaTristan L'Hermite

Tristan L'Hermite · Barroco

Chefs d’œuvre lyriques (Malherbe) — 65

francés

LA douce haleine des zéphirs

Et ces eaux qui se précipitent,

Par leur murmure nous invitent

À prendre d’innocents plaisirs.

Dorinde, on dirait que les flammes

Dont nous sentons brûler nos âmes,

Brûlent les herbes et les fleurs ;

Goûtons mille douceurs à la faveur de l’ombre,

Donnons-nous des baisers sans nombre,

Et joignons à la fois nos lèvres et nos cœurs.

Quand deux objets également

Soupirent d’une même envie,

Comme l’amour en est la vie,

Les baisers en sont l’élément.

Il faut donc en faire des chaînes

Qui durent autant que les peines

Que je souffre loin de tes yeux.

Amour, qui les baisers aimes sur toutes choses,

Fais une couronne de roses,

Pour donner à celui qui baisera le mieux.

Ô que tes baisers sont charmants !

Dorinde, tous ceux que tu donnes,

Pourraient mériter des couronnes

De perles et de diamants.

Cette douceur où je me noie

Force, par un excès de joie,

Tous mes esprits à s’envoler ;

Mon cœur est palpitant d’une amoureuse fièvre,

Et mon âme vient sur ma lèvre,

Alors que tes baisers l’y veulent appeler.

Si l’Amour allait au tombeau

Par un noir effet de l’envie,

Tes baisers lui rendraient la vie

Et rallumeraient son flambeau.

Leur aimable délicatesse

A banni toute la tristesse

Qui rendait mon sens confondu ;

Mais un roi détrôné par le malheur des armes,

À la faveur des mêmes charmes

Se pourrait consoler d’un empire perdu.

La manne fraîche d’un matin

N’a point une douceur pareille,

Ni l’esprit que cherche l’abeille

Sur la buglose et sur le thym.

Le meilleur sucre qui s’amasse

Et que l’Art sait réduire en glace

N’a point ces appâts ravissants ;

Et même le nectar semblerait insipide,

Au prix de ce baiser humide

Dont tu viens de troubler l’office de mes sens.

Aussi les plus riches trésors,

Qu’on tire du sein de la terre,

Et que, pour engendrer la guerre,

L’Océan sème sur ses bords,

L’or et toutes les pierreries,

Dont nous provoquent les Furies,

Pour envenimer nos esprits ;

Bref tout ce que l’aurore a de beau dans sa couche,

Au prix des baisers de ta bouche

Sont à mes sentiments des objets de mépris.

Sigue explorando

Por su autor
Tristan L'Hermite · 19 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← Chefs d’œuvre lyriques (Malherbe) — 64Chefs d’œuvre lyriques (Malherbe) — 66 →

Expediente

Autor
Tristan L'Hermite
Título
Chefs d’œuvre lyriques (Malherbe) — 65
Lengua
francés
Época
Barroco
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-chefs-duvre-lyriques-malherbe-65--tristan-l-hermite-cae192
Cita recomendada
Tristan L'Hermite, «Chefs d’œuvre lyriques (Malherbe) — 65», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-chefs-duvre-lyriques-malherbe-65--tristan-l-hermite-cae192.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.