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PoetósferaLa BibliotecaFrançois-René de Chateaubriand

François-René de Chateaubriand · Romanticismo

Chateaubriand

francés

Combien j’ai douce souvenance

Du joli lieu de ma naissance !

Ma sœur, qu’ils étaient beaux les jours

De France

Ô mon pays, sois mes amours

toujours.

Que de ces prés l’émail plaît à mon cœur !

Que de ces bois l’ombrage m’intéresse !

Quand je quittai cette onde enchanteresse,

L’hiver régnait dans toute sa fureur.

Et cependant mes yeux demandaient ce rivage ;

Et cependant d’ennuis, de chagrins dévoré,

Au milieu des palais, d’hommes froids entouré,

Je regrettais partout mes amis du village.

Mais le printemps me rend mes champs et mes beaux jours.

Vous m’allez voir encore, ô verdoyantes plaines !

Assis nonchalamment auprès de vos fontaines,

Un Tibulle à la main, me nourrissant d’amours ;

Fleuve de ces vallons, là, suivant tes détours,

J’irai seul et content gravir ce mont paisible ;

Souvent tu me verras, inquiet et sensible,

Arrêté sur tes bords en regardant ton cours.

J’y veux terminer ma carrière ;

Rentré dans la nuit des tombeaux,

Mon ombre, encor tranquille et solitaire,

Dans les forêts cherchera le repos.

Au séjour des grandeurs mon nom mourra sans gloire ;

Mais il vivra longtemps sous les toits de roseaux.

Mais d’âge en âge, en gardant leurs troupeaux,

Des bergers attendris feront ma courte histoire :

« Notre ami, diront-ils, naquit sous ce berceau ;

Il commença sa vie à l’ombre de ces chênes ;

Il la passa couché près de cette eau.

Et, sous les fleurs, sa tombe est dans ces plaines. »

Forêt silencieuse, aimable solitude,

Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !

Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,

J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !

Prestige de mon cœur ! je crois voir s’exhaler

Des arbres, des gazons, une douce tristesse.

Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,

Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.

Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière

Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,

Sur un tapis de fleurs, dans ce lieu solitaire,

Qu’ignoré, je sommeille à l’ombre des ormeaux !

Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles

Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,

Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,

Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles ;

Forêts ! agitez-vous doucement dans les airs !

À quel amant jamais serez-vous aussi chères ?

D’autres vous confieront des amours étrangères ;

Moi, de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

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Autor
François-René de Chateaubriand
Título
Chateaubriand
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-chateaubriand--francois-rene-de-chateaubria-e2a9d1
Cita recomendada
François-René de Chateaubriand, «Chateaubriand», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-chateaubriand--francois-rene-de-chateaubria-e2a9d1.html

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