Si l’amitié chaste, honnorable et saincte,
Que vous avez long-temps portée à celle
Dont je naquis, n’a nulle autre estincelle
Que de mon feu, elle est morte et esteinte.
Car quelle forme en moy peut estre emprainte
De sa beauté et louange immortelle,
Veu que je suis, si on regarde à elle,
Auprès du vif une figure peinte ?
Servez la donc, honnorant sa memoire,
Et moy, voyant vostre amour et sa gloire,
Cognoistray mieux mon imperfection ;
Ou s’il est vray qu’en rien je luy ressemble,
C’est seullement de ce qu’en moy s’assemble
Toute envers vous son obligation.