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PoetósferaLa BibliotecaHenri Meilhac

Henri Meilhac · Modernismo

Carmen (opéra) — Acte IV

francés

À deux cuartos,

À deux cuartos,

Des éventails pour s’éventer,

Des oranges pour grignoter !

À deux cuartos,

À deux cuartos,

Señoras et caballeros !

Des oranges, vite !

PLUSIEURS MARCHANDS, se précipitant.

LES AUTRES MARCHANDS.

Les voici ! voici la quadrille,

La quadrille des toreros !

Sur les lances, le soleil brille ;

En l’air, toques et sombreros !

Les voici ! voici la quadrille,

La quadrille des toreros !

Voici, débouchant sur la place,

Voici d’abord, marchant au pas,

L’alguazil à vilaine face…

À bas ! à bas ! à bas ! à bas !

Et puis saluons au passage,

Saluons les hardis chulos !

Bravo ! vivat ! gloire au courage !…

Voici les banderilleros !

Voyez quel air de crânerie,

Quels regards et de quel éclat

Étincelle la broderie

De leur costume de combat !

Une autre quadrille s’avance :

Les picadors… comme ils sont beaux !

Comme ils vont du fer de leur lance

Harceler le flanc des taureaux !

Puis l’espada, la fine lame,

Celui qui vient terminer tout,

Qui paraît à la fin du drame

Et qui frappe le dernier coup…

Bravo ! bravo ! Escamillo !

Escamillo, bravo !

Si tu m’aimes, Carmen, tu pourras, tout à l’heure

En me voyant à l’œuvre être fière de moi.

CARMEN.

Bravo ! bravo ! Escamillo !

Escamillo, bravo !

L’alcade ! l’alcade,

Le seigneur alcade !

Pas de bousculade !

Regardons passer

Et se prélasser

Le seigneur alcade.

Place, place au seigneur alcade !

Carmen ! un bon conseil : ne reste pas ici.

CARMEN.

C’est toi ?

JOSÉ.

CARMEN.

Carmen, il est temps encore,

Ô ma Carmen, laisse-moi

Te sauver, toi que j’adore,

Et me sauver avec toi !

Pourquoi t’occuper encore

D’un cœur qui n’est plus à toi ?

En vain tu dis : « je t’adore ! »

Tu n’obtiendras rien de moi.

Tu ne m’aimes donc plus ?

Tu ne m’aimes donc plus ?

CARMEN.

JOSÉ.

Vivat ! la course est belle ;

Sur le sable sanglant

Le taureau qu’on harcèle

S’élance en bondissant…

Vivat ! bravo ! victoire !

Frappé juste en plein cœur,

Le taureau tombe ! gloire

Au torero vainqueur !

Victoire ! victoire !

Où vas-tu ?…

CARMEN.

JOSÉ.

Vivat ! bravo ! victoire !

Frappé juste en plein cœur,

Le taureau tombe ! gloire

Au torero vainqueur !

Victoire ! victoire !…

Ainsi, le salut de mon âme,

Je l’aurai perdu pour que toi,

Pour que tu t’en ailles, infâme !

Entre ses bras, rire de moi…

Non, par le sang, tu n’iras pas,

Carmen, c’est moi que tu suivras !

Non ! non ! jamais !

JOSÉ.

CARMEN.

Eh bien ! damnée…

Toréador, en garde !

Et songe en combattant

Qu’un œil noir te regarde

Et que l’amour t’attend.

Vous pouvez m’arrêter… c’est moi qui l’ai tuée.

Ô ma Carmen ! ma Carmen adorée !…

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Por su autor
Henri Meilhac
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Henri Meilhac
Título
Carmen (opéra) — Acte IV
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-carmen-opera-acte-iv--henri-meilhac-4f99b8
Cita recomendada
Henri Meilhac, «Carmen (opéra) — Acte IV», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-carmen-opera-acte-iv--henri-meilhac-4f99b8.html

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