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PoetósferaLa BibliotecaOlivier Calemard de La Fayette

Olivier Calemard de La Fayette · Modernismo

C. de La Fayette

francés

Pour fêter le retour normal de l’âpre hiver,

J’ai gravi, dès le jour, ma montagne rouillée.

Le vent du nord-ouest a soufflé tout hier.

J’en voulais savourer la rafale mouillée,

Jeux de pluie aux clartés du ravin partiel,

Sur le treillis brumeux des branches dépouillées.

La lumière est instable aux décors irréels

Des vallons d’ombre ensoleillés de claire brume

Où se joignent, pour fuir, des lambeaux d’arc-en-ciel.

Le roc ruisselle et luit et les pics d’argent fument.

Sous le vent brusque obstinément ailé de nuit,

Et l’aile sombre éteint le rayon qui s’allume ;

Et tout le paysage pâle tourne et luit,

dépendant qu’au taillis fauve des petits chênes

Chaque feuille légère et plaintive bruit.

VA le mont tout entier pleure des larmes vaines.

J’aime la brise incertaine et frivole

Dont le frôlis n’émeut que les corolles

Légères, les frisselis doux des folioles

Au faîte gris des trembles grêles,

Et la ronde ténue et frêle qui s’envole,

Des éphémères sur les prêles…

— J’aime avec toi, surtout, le vent large et puissant.

Je n’ai pas tes sapins dans les sables, tes landes,

Tes horizons barrés de vols éblouissants,

Ni l’or de tes sous-bois alourdis de lavande ;

Mais la sève frémit en mon vieux sol de feu,

Mes prés touffus et verts s’étoilent de narcisses,

Mes terreaux mordorés font des pétales bleus,

Et de hauts boutons d’or penchent leurs lourds calices.

Pour garder mes labours d’argile rouge ou brune,

J’ai des orgues de pierre en prière, où s’unit

L’extase de la vague à l’orgueil du granit,

La grâce de la houle aux splendeurs de la dune.

Et tu croirais qu’aux jours des fusions premières,

Le vent de mes sommets a durci brusquement

Les laves qui roulaient leur clair bouillonnement

Hors du rose cratère aux vapeurs de lumière.

J’ai de jaunes iris qui flambent dans les joncs.

J’ai des roseaux géants jaillis de l’eau rouillée ;

Mes printemps font gonfler de monstrueux bourgeons,

Mes automnes des fruits pesants par corbeillées.

Oui, j’aime le grand vent sur tout cela, le soir,

Le vent du nord-ouest chargé de pluie et d’ombre

Qui pousse sur nos monts, d’un bref coup d’aile noir.

Avec des vols obscurs, la Fécondité sombre !

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Autor
Olivier Calemard de La Fayette
Título
C. de La Fayette
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-c-de-la-fayette--olivier-calemard-de-la-fayet-86f29e
Cita recomendada
Olivier Calemard de La Fayette, «C. de La Fayette», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-c-de-la-fayette--olivier-calemard-de-la-fayet-86f29e.html

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