Claire eau que les Zéphirs ont doucement émue ;
Beaux arbres, prés fleuris, délices de mes sens ;
Agréables apas, dont cette île est pourvue ;
Pour assoupir mes maux que vous êtes puissans !
Que ces divers objets, qui s’offrent à ma vue ;
Ces vaisseaux étrangers, ces barques des passans,
Que j’aperçois du haut de cette roche nue,
Remplissent mon esprit de plaisirs innocens !
Mais, Dieux ! que le bonheur dure peu dans la vie !
Je reviens à penser que l’ingrate Silvie
A trahi mon amour, et que je dois périr.
Si bien que dans l’ennui qui sans cesse me ronge,
Je goûte des plaisirs, en furieux, qui songe,
Et trouve à son réveil qu’il est prêt de mourir.