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Henriette Bourdic-Viot · Romanticismo

Adieux aux Muses

francés

Vous dont j’ai trop chéri l’empire,

Déités de mes jeunes ans,

Muses, reprenez votre lyre :

je vais à des Dieux plus charmans,

porter mes vœux & mon encens ;

l’amour est un plus doux délire ;

vous m’égarâtes, il m’inspire :

lui seul remplit tous nos momens ;

c’est par lui que le cœur desire ;

lui seul est l’intérêt du tems.

Près des biens dont sa main dispose,

que les fleurs du sacré vallon,

que les lauriers sont peu de chose !

L’épine croît sur l’Hélicon :

c’est à Paphos que naît la rose.

Hélas ! dans l’âge du desir,

Muses, faut-il qu’on vous immole

des jours destinés à jouir ?

Qu’importe une gloire frivole ?

L’éternité de l’avenir,

vaut-elle un moment qui s’envole ?

Dans ce gouffre où tout va finir,

voyez tomber & s’engloutir.

talens sublimes, noms célèbres ;

rien fur ces profondes ténèbres

ne fumage que le plaifïr ;

Se tandis qu’il vient me fourlre,

tandis qu’à fon foufïlî enchanteur,

mon cœur fe ranime & refpire

le feu doux & pur du bonheur ;

j’irois, efclave dans vos chaînes,

vivre dans un ancre écarté,

mourir en détail dans les pcinea

d’une trifte célébrité !

tranquille enfin fur le rivage,

J’irois encor chercher l’orage,

braver les dédains, le mépris

d’un public injufte & volage,

expofer mes frêles écrits

aux fureurs d’un cenfeur fauvare !

Non, il eft tems d’être plus fage :

cachons-nous fous l’aile des jeux ;

laifTons à Verdier l’avantage

de charmer un jour nos neveux :

écrire Se plaire eft fon partage ;

mon fort fera moins glorieux :

mais pour être heureux à mon âje,

a-t-on befoin d’un nom fameux ?

Près d’Hilas, la tendre Glyrérc,

qu’a-t-elle à demander aux Dieux ?

Ah rien 1 Hilas eft fous fes yeux,

& da ; is la grotte folitaùe

oîa l’amour feul eft avec eux,

Glycére, dans la paix profonde,

dans le calme délicieux

des plaiſirs donc ſon cœur s’inonde,

Glycére, toute à ſon berger,

a-t-elle le tems ds ſonger

s’il eſt une gloire en ce monde ?

Ainſi vont couler tous mes jours…

quels doux momens ! qu’ils ſeront courts !

près du charmant objet qu’on aime…

Que vois-je ? ô Ciel ! ah ! c’eſt lui-même !

Adieu donc, adieu pour toujours,

Muſes, reprenez votre lyre,

j’aime, & mon cœur & les amours,

bien mieux que vous, m’apprendront à le dire.

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Por su autor
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La Biblioteca

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Expediente

Autor
Henriette Bourdic-Viot
Título
Adieux aux Muses
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-adieux-aux-muses--henriette-bourdic-viot-4c6f95
Cita recomendada
Henriette Bourdic-Viot, «Adieux aux Muses», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-adieux-aux-muses--henriette-bourdic-viot-4c6f95.html

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