Entrant le peuple en tes sacrez Bocages,
Dont les sommets montent jusques aux nues
Par l’espesseur des plantes incognues,
Trouvoit la nuict au lieu de frais ombrages.
Or te myrrant le long des beaux rivages
Où les Neuf Sœurs à ton chant sont venues,
Herbes, et fruicts, et fleurettes menues
Il entrelace en cent divers ouvrages.
Ainsy, Ronsard, ta trompe clair sonnante
Les forests mesme et les monts espouvante
Et ta guiterne esjouit les vergiers.
Quand il te plaist tu esclaires et tonnes,
Quand il te plaist doucement tu resonnes,
Superbe au ciel, humble entre les bergiers.