Le monde ancien tombe en décrépitude,
C'est le vieillard aux portes du tombeau,
Qui, du manteau de notre servitude.
Voudrait encor retenir un lambeau ;
Sa main se crispe et sa bouche flétrie
À l'avenir jette un déli jaloux ;
Nous qui hâtons son heure d'agonie,
Enfants chéris, nous travaillons pour vous.
Nous aiguisons la faux socialiste
Qui doit bientôt faucher les vieux abus ;
Privilégiés que le progrès attriste,
Résignez-vous, car les temps sont venus.
Aux yeux troublés de vos prétendus sages
Nous sommes tous des rêveurs et des fous ;
La foi nous fait mépriser leurs outrages,
Enfants chéris, nous travaillons pour vous.
Vous fonderez l'ère du nouveau monde !
Courage, enfants! vos jeunes bataillons
Récolteront cette moisson féconde
Dont nos labeurs creusèrent les sillons ;
Mais, sans atteindre à la terre promise,
Nous, vos aînés, nous succomberons tous ;
Nous remplissons le rôle de Moïse,
Enfants chéris, nous travaillons pour vous.