CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaCharles Robinot-Bertrand

Charles Robinot-Bertrand · Modernismo

1869 — Le Paysan

francés

Des ombres de la nuit la campagne est voilée.

Nul astre aux cieux. Le vent d’automne dans les bois

Passe, souffle & murmure, & remplit la vallée

De sifflements pareils à de lugubre voix.

Malheur au vagabond qui, malade & sans gîte,

Par ce temps lamentable erre loin des hameaux !

Malheur au sein pensif où la douleur s’agite,

Et qui veille écoutant la plainte des rameaux !

L’ombre s’étend profonde. En vain le cri sonore

Du coq, ardent guetteur de nuit, prédit le jour ;

Au brumeux orient aucun rayon encore :

Le monde est ténébreux comme un cœur sans amour.

Mais que font les clameurs du vent & la nuit sombre

Au rude défricheur du sol, au paysan ?

Le paysan sommeille, enveloppé par l’ombre,

Dans la sécurité dont il est l’artisan.

L’ombre lui dit : — Je mis la paix, la récompense

Des devoirs accomplis & de l’âpre labeur ;

L’oubli des maux passés, c’est moi qui le dispense.

Le grave paysan de l’ombre n’a point peur.

Voyez ! avant le jour le voilà qui s’éveille.

Il va vers le foyer ou sous la cendre, dort

Le reste d’un tison recouvert de la veille :

De la cendre, à son souffle, un jet de flamme sort.

La flamme éclate & brille, & l’âtre s’illumine ;

Et lui, prés du foyer crépitant & joyeux,

Recueilli, vers le monde inconnu qu’il devine

Il élève en priant son cœur religieux.

Il prie : en doux espoirs abonde sa prière.

— Si j’ai faibli, dit-il, mon Dieu, pardonne-moi.

Et Dieu se communique à son esprit sincère.

O paysan, mon cœur ému prie avec toi !

La prière a rendu pure son âme forte ;

D’un morceau de pain noir il a fait son repas ;

De l’antique logis ouvrant l’étroite porte,

À présent vers l’étable il dirige ses pas.

Les grands bœufs, à genoux au milieu de la crèche,

Mêlaient aux bruits de l’air leur long mugissement ;

Il pose devant eux l’herbe tendre & l’eau fraîche,

Puis il lie à leur front le joug solidement.

Il les conduit alors à la dure journée,

Et, pendant qu’il chemine, il chante un gai refrain ;

Et la charrue, avant que l’aube ne soit née,

A plongé dans le sol son éperon d’airain.

Le pauvre paysan poursuit sa tâche austère

Sous les pleurs du matin & sous le froid brouillard ;

Mais qu’importe ? le soc aigu fouille la terre

Où la blonde moisson ondulera plus tard.

Sigue explorando

Por su autor
Charles Robinot-Bertrand · 1 pieza más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

Neige blanche →

Expediente

Autor
Charles Robinot-Bertrand
Título
1869 — Le Paysan
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-1869-le-paysan--charles-robinot-bertrand-5d60fe
Cita recomendada
Charles Robinot-Bertrand, «1869 — Le Paysan», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-1869-le-paysan--charles-robinot-bertrand-5d60fe.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.