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PoetósferaLa BibliotecaEugène Lefébure

Eugène Lefébure · Modernismo

1866 — Le Réveil

francés

La seule chose que j’envie,

C’est de sentir autour de moi

Frémir l’insulte de la vie

Pour en tirer un peu d’émoi.

Salut donc, printemps dont le livre

M’offre un martyrologe sûr,

Salut, cher bourreau qui me livre

Au vaste dédain de l’azur.

Partout, en poses langoureuses,

M’environne l’injure en fleur,

Les petites feuilles heureuses

Tirent la langue à ma douleur.

Le brin d’herbe qui me renie

Pour me siffler trouve une voix.

Ce sont des touffes d’ironie,

Et non des roses que je vois.

Le jour me frappe de sa lance,

Et je sens jusqu’au fond des os

Les coups d’épingle que me lance

Le chant pépiant des oiseaux.

Tant mieux, printemps ! qu’une morsure

M’atteigne à chacun de mes pas !

C’est un réveil qu’une blessure.

Est-ce qu’on ne préfère pas

Ce qui secoue à ce qui tue,

Et le coup de couteau qui sort

D’une sensation pointue,

À l’ennui plat comme la mort ?

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Por su autor
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Dónde vive
La Biblioteca

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Expediente

Autor
Eugène Lefébure
Título
1866 — Le Réveil
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-1866-le-reveil--eugene-lefebure-6168e6
Cita recomendada
Eugène Lefébure, «1866 — Le Réveil», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-1866-le-reveil--eugene-lefebure-6168e6.html

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