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Marceline Desbordes-Valmore · Romanticismo

L’Indiscret

francés

Dans la paix triste et profonde

Où me plongeait ce séjour,

J'ignorais qu'au bruit du monde

On peut oublier l'amour :

Quelle est donc cette voix importune et cruelle

Qui déjà me détrompe avec un ris moqueur ?

Comme une flèche aiguë elle siffle autour d'elle,

Et le trait qu'elle porte a déchiré mon cœur.

Au bord de ma tombe ignorée,

Ciel ! par cette langue acérée,

Faut-il qu'un nom trop cher puisse m'atteindre encor,

Pour m'apprendre ( nouvelle affreuse ! )

Que j'étais seule malheureuse,

Et qu'on m'oublie avant ma mort !

Du plus sincère amour quel châtiment terrible !

Je n'étais pas aimée ! ... ô confidence horrible !

Il a parlé longtemps. Mes yeux, gonflés de pleurs,

Se détournaient en vain de ses lèvres légères,

Dont le souffle éteignait mes erreurs les plus chères,

Et dont le rire affreux outrageait mes malheurs.

Du bruit de sa parole il s'étourdit lui-même,

Il s'écoute, il s'admire, il se répond : c'est bien !

Son timbre me poursuit, et partout il m'attend :

Sait-il que je me meurs ? Sait-il que je l'abhorre ?

Il révèle un secret, il parle, il est content.

Ah ! j'aurais dû crier : c'est moi... je l'aime... arrête !

Par ton Dieu, par ta mère et tes premiers amours,

À t'entendre, à tout croire, à t'écouter toujours.

Mais non, il n'a pas vu ma main, faible et glacée,

Il n'a pas vu la mort, par lui-même tracée,

Sous le bandeau de fleurs qui tremblaient sur mon front.

Aveugle ! il n'a pas vu se fermer et s'éteindre

Mon œil longtemps fermé !

Il n'a donc pas aimé ?

Peut-être qu'en naissant il a perdu sa mère,

Qu'il n'a jamais connu le baiser d'une sœur,

Et qu'à ses premiers cris, une dure étrangère

N'a jamais d'une sourire accordé la douceur.

Fuis, dépositaire infidèle

Des secrets imprudents confiés à ta foi !

Va ! qui trompe une amante au moins a pitié d'elle :

Tu trahis un méchant, mais il l'est moins que toi.

Lui-même il frémira du mal que tu me fais :

Il laissait l'espérance à mon âme asservie,

Pour tromper tant d'amour qu'il s'imposa de peine !

Quelle humiliante pitié !

Mais toi, toi qui pour lui m'inspires tant de haine,

Ah ! prends-en la moitié !

Qu'il devienne sensible, et qu'il soit malheureux !

Oui, puisses-tu brûler, et languir, et déplaire

Ou plutôt... tremble au vœu qu'inventé ma colère ,

Puisses-tu longtemps vivre, et ne jamais aimer !

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Por su autor
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Donna pietosa e di novella etate, [canzone] Dante Alighieri — otra lengua (italiano); otra época (Medieval); comparten el amor

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Autor
Marceline Desbordes-Valmore (1786–1859) · Wikidata Q466987
Título
L’Indiscret
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Fuente
Poésies (Desbordes-Valmore, 1830) / fr.wikisource
Sala
La Biblioteca
Identificador
l-indiscret--valmore
Cita recomendada
Marceline Desbordes-Valmore, «L’Indiscret», Poetósfera, poetosfera.com/p/l-indiscret--valmore.html

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