.mw-parser-output .personnage{font-weight:bold;font-variant:small-caps}LA LYRE.
Couronna ton nom radieux.
En vain Saturne te menace ;
Va, l’Olympe est né du Parnasse,
Les poëtes ont fait les dieux !
LA HARPE.
Viens ; près de tes lares tranquilles,
Tu verras de loin dans les villes
Mugir la Discorde aux cent voix.
Qu’importe à l’heureux solitaire
Que l’autan dévaste la terre,
S’il ne fait qu’agiter ses bois !
LA HARPE.
Il consume Ilion par la main de Pâris.
Toi, fuis de belle en belle, et change avec leurs charmes.
L’amour n’enfante que des larmes ;
Les Amours sont frères des Ris !
LA HARPE.
Il s’épouvante d’être une âme,
Et frémit de l’éternité !
Le poëte écoutait, à peine à son aurore,
Ces deux lointaines voix qui descendaient du ciel ;
Et plus tard il osa parfois, bien faible encore,
Dire à l’écho du Pinde un hymne du Carmel.