Voici ce qu’ont dit les prophètes,
Aux jours où ces hommes pieux
Voyaient en songe sur leurs têtes
L’Esprit-Saint descendre des cieux :
« Dès qu’un siècle, éteint pour le monde,
Redescend dans la nuit profonde,
De gloire ou de honte chargé,
Il va répondre et comparaître
Devant le Dieu qui le fit naître,
Seul juge qui n’est pas jugé. »
Or écoutez, fils de la terre,
Vil peuple à la tombe appelé,
Ce qu’en un rêve solitaire
La vision m’a révélé. —
C’était dans la cité flottante,
De joie et de gloire éclatante,
Où le jour n’a pas de soleil,
D’où sortit la première aurore,
Et d’où résonneront encore
Les clairons du dernier réveil.
Adorant l’essence inconnue,
Les saints, les martyrs glorieux
Contemplaient, sous l’ardente nue,
Le triangle mystérieux.
Près du trône où dort le tonnerre,
Parut un spectre centenaire
Par l’ange des français conduit ;
Et l’ange, vêtu d’un long voile,
Était pareil à l’humble étoile
Qui mène au ciel la sombre nuit.
Dans les cieux et dans les abîmes
Une voix alors s’entendit,
Qui, jusque parmi ses victimes,
Fit trembler l’archange maudit.
Le char des séraphins fidèles,
Semé d’yeux, brillant d’étincelles,
S’arrêta sur son triple essieu ;
Et la roue, aux flammes bruyantes,
Et les quatre ailes tournoyantes
Se turent au souffle de Dieu.
.mw-parser-output .personnage{font-weight:bold;font-variant:small-caps}LA VOIX.
Te pardonne ou t’ait condamné.
Approche : — je tiens la balance ;
Te voilà nu dans ma présence,
Siècle innocent ou criminel.
Faut-il que ton souvenir meure ?
Réponds : un siècle est comme une heure
Devant mon regard éternel. »
LE SIÈCLE.
LA VOIX.
LA VOIX.